La ville est un manège au fronton duquel il est écrit Réalité. Il suffit de monter dedans.
ll y a ce que nous croyons voir et ce que nous voyons vraiment : chaussons un casque et un tableau de bord pour vivre quinze minutes d’une immersion cocasse. Cet appareillage atypique augmente et déforme nos aptitudes auditives et visuelles : Qui de la ville ou de moi habite l’autre ?
Voici un procédé contemplatif pour une construction à vue d’une poétique urbaine obstinément bousculée par l’inopiné de la cité en mouvement.
Expérience inhabituelle et sensitive, ballet secret où le théâtre danse avec le cinéma : Ce que voient les oiseaux est une forme performative qui transforme notre regard sur l’espace public. Trois performeur·euse·s, un vidéaste, un musicien et un metteur en scène travaillent en direct pour cinquante spectateur·rice·s. L’écriture de Dérézo déconstruit nos habitudes de consommateurs d’images pour transgresser la notion de réalité. Une autre ville peut alors apparaître : une cité en transparence, dont nous serions, nous les spectateur·rice·s, les témoins momentanés. Au vu et au su de tous, s’y jouent des choses que personne ne voit : c’est cela qu’il faut entendre. S’y jouent des choses que personne n’entend : c’est cela qu’il faut voir. Deux séquences jouées en continu et en alternance avec changement de groupe. Cette installation est posée au cœur du ballet du quotidien, parmi les passants qui passent et les véhicules qui circulent... Notre spectacle, fut-il poétique, sera hybride. Il aura à voir avec le cinéma, avec le théâtre et avec la performance, sans pour autant revendiquer tout à fait un de ces trois genres.
Dans le cadre de ce projet, qui descend en ligne droite des travaux menés dans les projets Un Hueco en la Ciudad et Un Bucco nella Città, j'ai eu le plaisir d'officier à la création sonore. Le sound design de ce projet est issu de compositions personnelles qui sont pour beaucoup basées sur des sons collectés dans la rue (piétons, bruit de pas, balayeuses, voitures,...). La majeure partie du travail sonore de ce projet reposait sur un jeu d'ouvertures et de fermetures de micros, certains étant sur les comédiens, d'autres en régie, créant ainsi une distorsion sonore du réel. Nous avons créé deux séquences de 20min, chacunes avec ses spécificités et son rythme propre. Le metteur en scène tenait ici un role de chef d'orchestre qui, en live, donnait des directives au comédien·nes ainsi qu'au régie son et vidéo. Ce système bien rodé nous à permis de suivre chacun et chacune nos partitions tout en incluant les éléments fortuis qui se présentaient à nous.
Crédits Photo : Pierre-Alphonse-Hamman, Charlie Windelschmidt, Nina Faidy et Th.Blandenet


